Naissance du pôle « Integrated Manufacturing »

Naissance du pôle « Integrated Manufacturing »

En 2019, HRC est heureux d’agrandir son éventail de compétences avec la naissance du pôle « Integrated Manufacturing », sous la direction de Ludovic Lesueur, qui s’est prêté à un jeu de questions / réponses pour vous faire découvrir ce nouveau pôle !


Bio Express de Ludovic Lesueur, responsable pôle Integrated Manufacturing :
• 1987 : Naissance le 22 avril à Ermont (95)
• 2005 : Début de l’apprentissage de la basse
• 2007 : Arrivée chez Atos Origin pour démarrer sa carrière en tant que développeur Java et C
• 2011 : Départ chez CGI pour devenir consultant technique Manufacturing
• 2014 : Reprise de l’offre SAP MII pour la leader opérationnellement et commercialement
• 2015 : Ludovic devient Architecte Technique Manufacturing et référent technique du vertical Manufacturing
• 2016 : Création du groupe de folk/rock Off The Yard en tant que bassiste
• 2017 : Départ chez ERAS Ingénierie pour piloter la nouvelle Business Unit Industrie Digitale
• 2019 : Départ chez HRC Consulting IT en tant que responsable du pôle Integrated Manufacturing et Consultant Senior MES/MOM


Q. L’implémentation d’un MES et celle d’un ERP semble assez différente, si nous devions les comparer, que pourrait-on en dire ?

En théorie, le monde de l’ERP est très différent de celui du MES. Nous avons donc affaire à des interlocuteurs différents, ayant des attentes différentes.

L’ERP est une solution visant à accompagner le management de la société. On parle de Top-Floor management. En d’autres termes, c’est un outil permettant la gestion de l’ensemble des flux d’une entreprise avec une forte dominante financière. C’est une solution qui va amener de la valeur sur l’ensemble des flux de la société, que ce soit sur la prise de commande, l’expédition, la gestion des ressources humaines, et encore bien d’autres services. Il est donc difficile de s’en passer et il constitue la brique centrale du système d’information.
Nous rencontrons donc des cycles de décisions raccourcis bien que l’investissement soit conséquent. Les avantages sont bien connus par nos interlocuteurs et ils ont déjà une bonne vision du gain potentiel et du ROI de la mise ne place d’un système comme celui-ci.
Pour ce qui est de l’implémentation maintenant, nous allons modifier le quotidien de tous les services. Il y a donc une conduite du changement complexe et nous faisons intervenir un grand nombre d’acteurs dont l’outil informatique est le principal outil. Il en résulte une phase d’analyse importante afin de pérenniser la solution bien avant de commencer à la mettre en place. Pour vous donner un ordre d’idée, la durée de mise en place d’un ERP complet se compte en années. C’est bien souvent des plans sur 3 à 5 ans.

Le MES lui, est un outil améliorant la gestion de la production avec une dominante plutôt orientée sur l’optimisation, la standardisation et l’aide au choix. On parle de Shop-Floor management. Dans ce contexte, nous avons affaire à des acteurs bien différents de ceux de l’ERP. Nous discutons davantage avec les responsables de production, les responsables méthodes et les utilisateurs finaux au sein de l’usine. Il est complexe de convaincre cette population de l’intérêt de la mise en place d’un tel outil. D’un point de vue financier, les solutions MES sont bien moins couteuses que les solutions ERP mais le ROI est beaucoup plus difficile à quantifier car les gains sont très dépendant des problématiques auxquelles la solution MES va répondre. Il est donc important de mettre en place des indicateurs permettant d’analyser et de valoriser la mise en place du système.
De plus, les solutions informatiques ne font pas partie de l’outil principal de travail des futurs utilisateurs du système MES. Ces interlocuteurs sont beaucoup plus proche du terrain et c’est l’homme et la machine qui restent les principaux acteurs de la production. Il est donc indispensable de penser la solution comme une aide à la production et non pas comme une contrainte et démontrer les gains à tous les niveaux. L’avantage d’une solution comme le MES dans sa mise en place est que nous pouvons pousser une démarche « Quick Win » ou « MVP (Most Valuable Product) » pour démontrer de façon rapide et agile l’intérêt de la mise en place de cet outil.
En terme de délai de mise en œuvre maintenant, on compte la durée d’un projet en mois (en moyenne 6 mois) avec des jalons beaucoup plus courts pour les premiers résultats probants (quelques semaines).

Q. D’un point de vue utilisateur, y-a-t-il des particularités selon vous ?

Comme expliqué, les utilisateurs finaux de ces deux solutions ne sont pas les mêmes. Là où un ERP doit couvrir l’ensemble des fonctions inhérentes à l’entreprise, le MES lui ne doit s’attacher qu’à répondre à des besoins très cadrés. On a donc une expérience utilisateur très différente. L’ERP va avoir tendance à afficher toutes les informations correspondant au flux qu’il traite, là où le MES va se concentrer sur les informations pertinentes pour que l’opérateur puisse réaliser ses taches. On va donc avoir tendance à garder au maximum les vues standard d’un ERP alors qu’on va simplifier au maximum les vues opérateur coté MES. On parle alors de solution « fit for purpose », c’est-à-dire une solution adaptée au plus près au besoin de l’utilisateur. L’adoption et la projection par les utilisateurs d’une solution MES est donc généralement beaucoup plus rapide que celle d’un ERP.

Q. De part votre expérience, comment pouvez-vous fixer la limite du périmètre entre l’ERP et le MES ?

Il faut bien différencier ce que nous appelons fonction et solution. Les fonctions du MES sont nombreuses et celles de l’ERP le sont encore davantage mais elles sont définies et cadrées par des normes (comme l’ISA95 par exemple). On peut donc lister ce que sont des fonctions MES et des fonctions ERP. C’est ce qui nous permet de faire une cartographie et un découpage fonctionnel théorique.
Dans la pratique, c’est un peu plus compliqué. En effet, chaque éditeur, qu’on parle d’éditeur de MES ou d’éditeur d’ERP, propose un certain nombre de ces fonctions en standard dans leur solution. On retrouve donc des fonctions standard MES dans certains ERP et inversement.
C’est donc en ayant une bonne connaissance de ce dont dispose chaque produit que nous pouvons, en se basant sur le découpage théorique et sur le découpage proposé par l’éditeur, trouver comment placer le curseur afin d’affiner cette frontière et la rendre la moins hermétique possible le tout dans une optique d’inter-opérabilité.

Q. Certains clients industriels prétendent ne pas avoir besoin de MES, que tout peut être géré par l’ERP, qu’en pensez-vous ?

Comme je le disais, certaines solutions ERP permettent de gérer quelques flux que nous typons comme flux MES. Il est donc envisageable de faire un MES simplifié directement dans l’ERP. Certains ERP, et notamment dans le milieu agroalimentaire proposent un panel de flux pour le suivi de la production ainsi que pour le reporting des indicateurs mais on retrouve surtout des traitement MES dits « manuels » avec de la saisie opérateur. Néanmoins, il n’existe pas aujourd’hui d’ERP permettant de gérer l’ensemble des flux MES. De plus, le MES permet une connexion vers les couches basses (supervision, automates voire capteurs) native pour permettre le pilotage des machines de façon automatique. En résumé, le MES a un rôle de pilote de la production alors que l’ERP aura plutôt un rôle de suivi.

Q. Certains industriels craignent une charge importante lors de la mise en place de l’interface entre l’ERP et le MES . Quel est votre avis ?

C’était le cas il y a quelques années mais c’est de moins en moins vrai aujourd’hui. En effet, l’arrivée de nouvelles technologies comme les WebServices, les nouveaux outils tiers de transfert de données comme les ETL ainsi que les nouvelles normes d’échanges d’information comme le B2MML sont autant de solutions permettant la mise en œuvre rapide et simplifiée des interfaces. J’ajouterai également que de plus en plus de MES proposent en standard des connecteurs « plug and play » vers les solutions ERP les plus connues.

Q. En tant que consultant et intégrateur, quelles sont vos attentes vis à vis des éditeurs de MES ?

Deux aspects me semblent indispensable dans une solution MES. D’abord le coté fonctionnalités standard, sur l’étagère, déployable rapidement et facilement. Ensuite le coté flexible et fortement customisable, car chaque client a ses propres problématiques et il est indispensable de pouvoir y coller au plus près.
Ensuite, nous avons besoin des éditeurs qu’ils restent constamment en veille technologique. Nous sommes actuellement dans une révolution numérique, on parle d’industrie 4.0 et de nouveaux concepts et enjeux sont mis en relief dans cette nouvelle ère digitale. Nous devons donc pouvoir proposer à nos clients des solutions innovantes, répondant à leur besoin tout en délivrant des services de façon agile.
Enfin, les modes de consommation ont beaucoup évolué également ces dernières années et les modes de financement également. Le financement d’une solution MES par activation de modules n’est plus suffisant et nous devons pouvoir proposer à nos clients une démarche innovante avec par exemple du SaaS (Software as a Service). C’est une vraie transformation de modèle pour les éditeurs qui jusqu’à aujourd’hui proposaient une méthode de licensing perpétuel là ou aujourd’hui le marché souhaiterait un modèle basé sur des contrats de location à minima voire à du paiement à l’utilisation de la solution.

hrc-consulting-admin

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